De l’intérêt de lire la science pour être un bon citoyen

Vous allez me dire quel est le lien ?

Si on se penche un peu sur l’usage de la science aujourd’hui, on se rend compte assez rapidement qu’elle est omniprésente dans notre quotidien :

  • Notre nourriture avec les histoires d’OGM ou d’ingrédients étranges que l’on apprend potentiellement cancérigène ou pire quelques années plus tard
  • Notre environnement avec le GIEC, les problèmes de réchauffement climatique, le changement sur le mode de chauffage, sur le mode de transport, les voitures électriques
  • Les smart-phones avec de nouveaux écrans, de nouvelles batteries, des processeurs plus performants

Sans parler des informations sur l’espace, la physique des particules élémentaires et les grandes expériences dont les médias commencent à parler.

C’est très bien, mais faudrait-il encore qu’un citoyen puisse s’y retrouver entre l’information pure, sa vulgarisation, son traitement par les médias, son utilisation par les divers parties prenantes et la façon d’en parler autour de soi une fois que l’on à entendu l’information, notamment les réseaux sociaux.

Il n’est pas rare que les médias plus généralistes, que ce soit journaux télévisés, émissions grand public d’information ou même des blogs qui pullulent sur internet relaient diverses études. Ces études sont souvent qualifiées des adjectifs « exceptionnelles », « extraordinaires », et d’autres tout aussi grandiloquents. En fait il est surtout clair que ces études sont relayées car ce qu’elles annoncent peut faire vendre ou attirer le public (n’avez vous jamais entendu les termes de clickbait ou putaclick par exemple ?). Un autre problème : les gens qui les relaient ne sont pas formés pour analyser, soit les résultats, soit les intentions de ceux qui les produisent. Pour pouvoir parler de ces études il est alors plus simple de généraliser un peu, exagérer un peu les résultats, mentionner que l’auteur enseigne dans une université, dire que cette étude est parue dans un journal ou une revue scientifique. Un peu de vernis pour que le parquet soit beau … et que l’on puisse bien glisser vers une information qui peut devenir fausse.

Comment sont obtenus les résultats ? Les scientifiques, ou considérés comme tels, de l’étude sont-ils de valeur quant au domaine étudié ? L’étude a-t-elle été publiée dans des revues à comité de lecture de qualité ? Y-a-t-il une littérature existante sur le sujet qui aille dans le sens des résultats annoncés ou au contraire qui aille dans le sens contraire ? La méthode scientifique a-t-elle été appliquée avec rigueur ? Etc. Il y a encore bien d’autres questions qui sont de valeur concernant des articles rapportant des résultats d’études sortant de l’ordinaire qui est indispensable de se poser.

Il n’est pas ici question de blâmer à priori les personnes qui relaient ces informations. Les blogueurs non-scientifiques et/ou les journalistes ne disposent pas forcément du bagage nécessaire ou du temps pour la vérification. Ou ne le souhaitent pas. Pour diverses raisons. Ils peuvent avoir des intérêts à défendre ou des idées à mettre en avant.

Le quidam, comme vous et moi, aura du mal à faire le distinguo entre les diverses couches qui existent entre lui et les faits. Et les enjeux sont de plus en plus grands car la science est maintenant omniprésente dans nos sociétés : technologie, éducation, religion, politique, sont autant de domaines où la science est utilisée ou réfutée pour défendre des intérêts. Et nous sommes au milieu de tout ceci à devoir faire des choix qui nous engagent parfois sur la durée ou sur des chemins complexes.

La seule solution que je vois à cela : lire la science, se renseigner un maximum pour arriver à faire la différence entre les faits et ce qui en est dit.

Mais la remarque qui suit directement cela est : mais que lire ? En effet, si les informations que l’on trouve sur internet, dans les médias ou dans les livres sont susceptibles d’être orientées, modifiées, altérées, contre-faites, etc, il est possible que nous nous tournions vers des informations pour faire nos choix qui ne seront pas de valeur.

La seule solution? Continuer de lire. Tout en y ajoutant une chose : l’esprit critique. En lisant diverses sources et en multipliant les avis, en se créant une base d’informations vérifiées et vérifiables, en confrontant les avis et en ne prenant pas les choses pour argent comptant, il est possible de se créer un corpus d’information qui nous permette par la suite de faire le distinguo entre ce qui nous paraît scientifique et valable et ce qui ne nous semble pas l’être. Il existe quelques sources qui cherchent à vérifier leurs informations et qui vont fournir les sources utilisées, comme les blogs, et les vidéastes qui font partie du Café des sciences. N’hésitez pas à vous y rendre tout en gardant l’esprit alerte.

C’est un chemin dur, complexe et long à entreprendre. Mais il s’agit du prix nécessaire à payer pour être un citoyen capable de faire des choix éclairés et basés sur des informations solides et vérifiées. Car vous saurez relever les incohérences, les contre-vérités, ce qui ne va pas, etc.

Ne soyez pas surpris si le monde vous semble alors étrange et peuplé d’informations à caractère scientifique incorrectes, orientées, voire totalement fausse. La connaissance scientifique sera votre guide pour le comprendre et mieux y vivre.

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4 réflexions sur “De l’intérêt de lire la science pour être un bon citoyen

  1. Joli billet !
    Pour ce qui est du traitement des médias, il y a un autre point à ne pas négliger: le temps d’antenne. Pour un sujet de 3 minutes (et encore), il faut prendre des raccourcis, et les raccourcis… mènent souvent à des erreurs…
    Pour ma part, un des soucis c’est qu’à force, je vois souvent les incohérences. Mais du coup, je sais que c’est faux ou partiellement faux, mais je n’ai pas le temps ni forcément le niveau pour me taper l’étude en entiers pour voir ce qui est « vrai ».
    Il me semble qu’une des techniques à adopter est de ne pas sauter aux conclusions et temporiser largement les résultats d’une étude, ne pas sur-réagir et attendre les contres-analyses.
    Mais bon, c’est un combat perpétuel et c’est pas gagné, mais le fait d’en être conscient est déjà un bon début 😉

    • Tout à fait d’accord avec toi sur le temps d’antenne. C’est clair que pour des personnes qui ne seraient peut-être pas des experts des domaines abordés, devoir se limiter à 3 minutes avec un besoin de sensationnel implique potentiellement raccourcis et incohérences …
      Et je suis encore plus d’accord avec toi sur le fait qu’il ne fait pas chercher à parler tout de suite de ce qui sort comme information, mais qu’il faut savoir prendre le temps.
      Il faut en effet être conscient du fonctionnement pour rester critique et sceptique et être un bon citoyen ! 🙂

      En tout cas, merci pour ton feedback!

  2. Pingback: LisezLaScience – HS10 – De l’intérêt de lire la science pour être un bon citoyen | Lisez La Science

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